Berlinale : un Ours d'argent pour le génial duo de Groland

Gustave Kervern et Benoît Delépine ont remporté l'Ours d'argent à la Berlinale 2020 © Alexander Janetzko

Pendant que tout le monde s'excite et se scandalise, à raison, de l'image pathétique renvoyée au Monde par la cérémonie des Césars, il existe une contrée verdoyante et pas si éloignée où deux Français se sont distingués : l'Allemagne, et Berlin pour être plus précis. Gustave Kervern et Benoît Delépine ont en effet remporté l'Ours d'argent à la Berlinale ce week-end, et il convient de s'en réjouir. 

Alors déjà, oui, c'était la clôture de la Berlinale ce week-end. On l'avait complètement oublié, bizarrement. Pourtant ce festival fait partie, au même titre que les Césars, des grands événements à consonnance cinématographiques du monde civilisé ; c'était d'ailleurs sa 70e édition, trois de moins que le festival de Cannes par exemple. Il n'est donc pas innocent de recevoir un prix à cette occasion, c'est même plutôt la classe, pour le dire simplement.


Un prix renommé cette année

Le prix en question, c'est l'Ours d'argent. C'est le premier de son genre puisqu'il a été créé cette année en remplacement du prix Alfred-Bauer, du nom de feu le directeur de l'événement, lié par le passé à l'administration nazie. Forcément, ça le fait moyen. Mais vous conviendrez que pécho un Ours d'argent, ça sonne de toute façon beaucoup mieux que pécho un prix Alfred-Bauer. 

Il fallait au moins le duo Kervern-Delépine pour attraper un prix qui portait jusqu'à leur consécration le nom d'un dignitaire nazi. Je dis ça parce que les deux larrons de Groland sont quand même assez spécialisés dans l'ironie et l'humour noir. En témoigne d'ailleurs leur filmographie, passionnante, avec d'ailleurs des films qui avaient déjà concourru à cette même Berlinale, comme Mammuth en 2010 et Saint-Amour en 2016.

Avec Effacer l'historique, cette année aura donc été la bonne, et on ne peut que se réjouir de voir un film dont le slogan pourrait être "Fuck les GAFA !" être récompensé. C'est pas chez nous en tout cas que ça aurait pu arriver...

Ce petit chef-d'œuvre de désobéissance civile, qui comprend un casting de haute volée avec Blanche Gardin, Vincent Lacoste ou Denis Podalydès, sort le 22 avril en France, et on a bien hâte ! 

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