Film de circonstance : Le Hussard sur le toit, de Jean-Paul Rappeneau

François Cluzet, au pied d'un arbre, incarnant parfaitement l'état actuel de l'ensemble du personnel soignant

Par les temps qui courent, il est bien rare d'observer, parmi la masse grouillante de nos concitoyens, des comportements louables par leur droiture, leur courage ou leur noblesse d'âme. Ainsi, l'épidémie qui nous étreint semble être un cruel révélateur de nos instincts les plus bas, et de nos réflexes les plus vils. C'est souvent dans ces conditions que les vrais héros se révèlent, comme le montre superbement le film qui nous concerne aujourd'hui.  

Nous sommes en 1832. Un jeune révolutionnaire italien joué par le beau Olivier Martinez, colonel de hussards, parcourt la Provence pour échapper à des espions autrichiens. Sur son chemin, il croise bien vite une épidémie de choléra, qui décime des villages entiers et sème peur et violence partout où elle passe. C'est dans ce contexte quelque peu tendu qu'il fait la rencontre, à Manosque, de Juliette Binoche, une noble tentant de rejoindre le chateau de Théus où l'attend son mari. N'écoutant que son courage (et son éducation), il décide de l'accompagner. 

Cinq ans après le triomphe de Cyrano de Bergerac, Jean-Paul Rappeneau adapte au cinéma un autre classique de la littérature française, cette fois né de la plume de Jean Giono. On retrouve d'ailleurs dans le récit cet amour de la terre du Sud et des gens qui la peuplent propre à l'écrivain, au travers notamment d'une photographie sublime, oscillant entre l'obscurité chatoyante des nuits et la lumière, chaude et éclatante, du soleil provençal. Le film bénéficie également, à l'époque (1995), d'un des plus gros budgets jamais alloués à une production française, et compte une pléiade de stars à son casting : Juliette Binoche et Olivier Martinez évidemment, mais également François Cluzet, Gérard Depardieu, Isabelle Carré, Piere Arditi, Jean Yanne... 

Mais ce qui nous intéresse tout particulièrement dans ce film, outre qu'il constitue un petit chef-d'œuvre du 7e art, c'est bien sûr le traitement qu'on y fait de l'épidémie. Alors certes, l'époque est autrement plus propice à l'esprit chevaleresque que celle que nous traversons, et le choléra était autrement plus hardcore que le Cornavirus, mais certains comportements sont étrangement similaires. Comme le dit Depardieu, qui incarne le comissaire de police de Manosque, à notre héros accusé à tort par les villageois d'avoir empoisonné l'eau de la fontaine : « Ah le choléra est une saloperie, mais le reste est une saloperie encore pire ! », le tout avant de sauter par la fenêtre et de s'enfuir. 

Je vous laisse visionner (via ce lien là, pourquoi pas ?) ce petit bijou d'aventure et de romantisme pris dans la course de l'Histoire, et je retourne insulter les gens sur Facebook. Bisous ! 

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