Halloween : 5 films délicieusement flippants mais pas d'horreur

Tom Hiddleston et Jessica Chastain dans Crimson Peak

Plutôt que de vous recommander pour la énième fois les grands classiques de l'horreur, de Carpenter (Christine ou l'inévitable Halloween, la nuit des masques, bijou absolu) à De Palma (Carrie au bal du diable) en passant par Kubrick (Shinig, évidemment), on a voulu vous concocter un petit programme ciné quelque peu différent, sans avoir la prétention d'être originaux. Voici donc 5 films à regarder au coin du feu, au calme, histoire d'étoffer un peu votre culture ciné tout en restant dans le thème horreur/épouvante.


La Neuvième porte
, de Roman Polanski

Johnny Depp à sa meilleure époque campe une sorte de détective privé du livre rare, chargé par le glaçant Frank Langella de retrouver un ancien manuel d'invocation satanique appelé Les Neuf Portes du royaume des ombres. Sa quête le mène dans tout un tas d'endroits étranges, d'une bibliothèque privée parisienne à un château du Moyen Âge en passant par la demeure portugaise d'un collectionneur sénile. Un sentiment de danger et d'oppression le suit tout du long, incarné par les apparitions opportunes d'une Emmanuelle Seigner elle aussi à son prime. C'est mystérieux et délicieusement gothique, parfait pour une soirée d'Halloween à ne pas quitter le canapé. Je conseille la VF pour une fois, ils faisaient ça bien dans les années 90.


Crimson Peak
, de Guillermo del Toro

Pas le plus connu des films de Guillermo del Toro, mais pas le plus mauvais non plus, loin de là ! Dans cette œuvre à tendance gothique à la croisée des genres du drame, de l'horreur et de la romance, il est question d'un manoir dont l'aspect change avec les saisons, d'une jeune fille hantée par le souvenir de sa mère, et de littérature, le tout sis dans la société new-yorkaise du début du XXe siècle. Aussi romantique qu'effrayant, le métrage fait immanquablement penser aux meilleures Histoires extraordinaires d'Edgar Allan Poe, dont le style si admirable semble imprégner cette œuvre trop méconnue. Une très très belle surprise, pour se la jouer poète maudit au prochain apéro. 


Donnie Darko
, de Richard Kelly

Je vais aller droit au but car ce film culte des années 2000 a énormément de qualités. Premier film et premier chef-d’œuvre pour Richard Kelly, 25 ans à l’époque, repéré par Drew Barrymore qui a fait des pieds et des mains pour que ce film voit le jour. Et on la comprend. Kelly nous conte l’histoire d’un ado perturbé (interprété par un Jake Gyllenhaal débutant) qui échappe à la mort grâce à une crise de somnambulisme simultanée à la chute d’un réacteur d’avion droit sur sa chambre. Tous les bons ingrédients d’un teen movie des 80’s figurent : la musique de Tears for Fears et Joy Division, un casting de parents, de profs et d’ados parfait, le tout suivant un scénario digne de Breakfast Club et des plus tortueux films de David Lynch. Mais ne vous prenez pas la tête à essayer de comprendre les détails science-fictionesques de cette œuvre que certains tentent encore de décoder, et laissez-vous porter par l’ambiance unique et flippante de ce film multi-genre.


Heathers, de Michael Lehmann (Fatal Game en VF)

Il y a le teen movie, et puis il y a Heathers. Film de 1988 largement passé sous les radars (et encore injustement méconnu), Heathers montre une toute jeune Winona Ryder (17 ans à l'époque, juste avant Beetlejuice de Tim Burton, autre film que l'on conseille fortement ici) tomber amoureuse d'un problématique Christian Slater en beau gosse du lycée et, ensemble, se venger des méprisantes reines du bahut toutes les trois prénommées Heather. Mais lorsque la vengeance tourne mal (très mal même), la comédie prend alors un tournant savoureusement noir qui vous mettra les yeux en face d'un OVNI cinématographique à la frontière du slayer, du teen movie et de la romance trash.


The Addiction
, d'Abel Ferrara 

Kathleen, introvertie et brillante étudiante de philosophie, prépare tranquillement son doctorat. Un beau jour, une femme irrésistible croise son chemin et lui plante ses canines dans le cou. Depuis, notre étudiante qui n’avait que Kant et Nietzsche en tête combat une soif de sang intarissable. Mais la lutte est perdue d’avance. Sous l’emprise de ses bas instincts, elle se met à agresser des proches et des quidams pour une lampée d’élixir vermeil... Avec ce film, Abel Ferrara renoue d'une certaine manière avec The King of New York, l'action de The Addiction prenant lieu et place dans la Grosse pomme, essentiellement de nuit et se dotant de l’incontournable Christopher Walken au casting. Un excellent film de genre, à la fois sensuel, primaire et intello – cet aspect étant parachevé par le choix du noir et blanc – qui éveillera vos sens et vos méninges.

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