Hunters : une chasse aux nazis controversée dans l'Amérique des seventies

  • Sarah Tralci
  • Ciné-Séries
  • Publié le 20 Mai 2020 à 19h15
© Hunters

Avec ses illustres têtes d'affiche (Al Pacino en tête), la série Hunters d'Amazon Prime Video fait parler d'elle depuis ses débuts. Bien heureusement, la série ne s'est pas reposée sur ses lauriers et nous a servi une aventure aussi rocambolesque qu'originale.

La première chose qui m'a donné envie de voir Hunters, c'est quand j'ai appris que Josh Radnor faisait partie du casting. Josh Radnor, c'est le mec qui jouait Ted Mosby dans How I met your mother (si tu ne l'as pas encore vue... qu'est-ce que t'attends ?). Je n'avais pas revu sa tête de nounours depuis, et j'étais très curieuse de voir ce qu'il allait donner dans cette nouvelle série qui parlait, entre autres, de nazis en Amérique – un contexte bien différent du McLarren's, tu en conviendras.

S'il n'a finalement pas eu l'importance que je lui prédestinais, je n'ai pas été déçue par Hunters, et je vais t'expliquer pourquoi.


Synopsis

La série se déroule en 1977, à New York. Jonah (Logan Lerman), 19 ans, vit avec sa grand-mère, une femme douce mais secrète, rescapée des camps d'Auschwitz. Sa vie prend un brusque tournant lorsque sa grand-mère se fait assassiner, laissant Jonah abandonné à lui-même et en quête de vengeance. C'est là que Meyer Offerman (Al Pacino), un homme extrêmement riche et ancien ami de sa grand-mère, débarque de nulle part et lui offre sa protection. De fil en aiguille, Jonah découvre que ce type est en fait à la tête d'un groupe un peu particulier – et par un peu particulier, j'entends : une bande de chasseurs de nazis, bien décidés à traquer tous les nazis qui ont refait leur vie aux États-Unis.

En effet, de nombreux scientifiques et autres têtes du IIIe Reich ont été recrutés par l'état-major américain juste après la Seconde Guerre mondiale. Ça s'appelle l'opération Paperclip, et – sans vouloir te spoiler davantage – elle a réellement existé ! La série mêle donc la réalité avec une bonne dose de fiction. Et au vu des péripéties racontées par la série, on peut supposer que les scénaristes s'en sont donné à cœur joie.


Un peu surréaliste certes, mais terriblement jouissive

Hunters, quoique basée sur des faits historiques, est assez surréaliste, un peu cartoonesque parfois, mais terriblement jouissive. Voir des nazis (même fictifs) s'en prendre plein la tête est non seulement satisfaisant, mais le cocktail détonnant formé par le casting et les coups de théâtre en chaîne nous tiennent collés à l'écran toute la durée de l'épisode. La plupart des acteurs sont excellents et les personnages particulièrement attachants. On attribue aussi une mention spéciale pour...

  • La musique, extraordinairement bien choisie, qui met en exergue les meilleurs moments de la série

  • Le générique, l'un des meilleurs qu'on ait pu voir à la télévision

Qualifiée par beaucoup de "tarantinesque", Hunters a pris le pari risqué d'alterner entre des passages très sombres (dont des flashbacks de camps de concentration, entre autres), et des scènes très légères, ce qui lui a valu de nombreuses critiques. Un choix qui divise mais reste, pour ma part, plutôt réussi. Par ailleurs, à aucun moment la série ne décridibilise le drame qui lui sert de fil rouge.

La série, quoiqu'un peu manichéenne sur les bords (d'un autre côté, difficile de faire autrement quand on parle de nazis), ne limite pas ses protagonistes à une guerre aveugle, mais pose aussi des questions cruciales, sur le combat - classique - entre le bien et le mal, et les affres qui jonchent la vocation de faire justice soi-même.

Face à la polémique causée par certaines scènes controversées de la série, son créateur, David Weil, est revenu sur sa propre histoire : « Je crois toujours avoir une responsabilité en tant que petit-fils de survivants de l'Holocauste, celle de garder leurs histoires vivantes. (...) Je suis éternellement reconnaissant au Mémorial d'Auschwitz pour tout le travail important et vital qu'ils font, pour garder en vie la mémoire des victimes et des survivants comme ma grand-mère, Sara Weil. Je pense que nous sommes très largement du même côté et que nous travaillons vers les mêmes objectifs. »

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