Octobre 2021 : Y’a quoi au ciné ?

  • Lisa B
  • Ciné-Séries
  • Publié le 7 Octobre 2021 à 18h09
© Plattform Produktion : "Pleasure", N. Thyberg

Révision à notre sauce des sorties cinéma du mois.

 

  • Si tu veux te convaincre de ne jamais avoir d’enfant, et te rassurer de ta mignonne incapacité à rester en couple

 

Renate Reinsve (meilleur actrice à Cannes) y joue en 12 chapitres la vie de Julie, une trentenaire sauvageonne à qui l’on casse les couilles pour avoir des enfants et une carrière toute tracée, et qui décide de s’incruster dans un mariage pour picoler, danser et rencontrer l’amant d’un soir, qui ne la lâchera plus. Joachim Trier filme à distance scandinave la beauté de l’émancipation d’une femme libre, profondément authentique, qui refuse de s’enfermer dans une case hétéronormée et conforme, et qui impose avec une fougue majestueuse sa liberté de vivre comme elle l’entend.  
« Julie, en 12 chapitres » de J. Trier, sortie le 13 octobre

 

  • Si tu veux enfin une raison valable de lâcher ton abonnement Premium à Pornhub

 

Une meuf rêve d’être la nouvelle reine du porno, et débarque à Los Angeles, paradis perdus du cinéma, mais surtout enfer bien réel du fast porno, où les scènes s’enfilent, se filment et se consomment plus vite qu’un Big Mac mal empilé. L’artificiel devient bien réel, et c’est la froide saveur d’une semence matinale qui ramène sur terre la pauvre Bella. Trashement réel, Thyber filme l’envers d’un décor bien poisseux, que l’on imaginait déjà infernal, mais qui se confirme encore pire avec un film hyper documenté (la réal a rencontré plus de 2000 femmes issus du X).  
« Pleasure » de N. Thyberg,  sortie le 20 octobre




  • Si tu veux passer une nuit aux urgences, et te taper les gilets jaunes, une lesbienne réac et un psychopathe sorti d’asile. Mais en restant le cul dans ton siège.

 

Excessif, Corsini en fait trop, empile les situations improbables dans un service d’urgences parisiens. Et pourtant, si proche de la triste vérité d’un hôpital français à la rue, tiers-mondiste dans ses prises en charges, abandonnés par l’exécutif, et qui tente, comme il peut, de recoller les plaies béantes d’une société française explosée. Une certaine magie s’opère quand le formidable Pio Marmai rencontre une Valéria Bruni-Tedeschi en état de grâce, les scènes tendent au burlesque, presqu’au grand guignol, mais l’on est saisi par l’humanité des patients, et des médecins qui ne forment plus qu’un marasme de débrouille vivifiant.
« La fracture » de C. Corsini sortie le 27 octobre

 

 

  • Si tu veux revoir une dixième fois le même film de Wes Anderson

 

Le mec ne filme plus pour personne, à part lui même et son délire maniaque de géométrie et jaunisse. Ou peut-être, pour son pare-terre de starlettes qu’ils empilent pour cacher le vide sidéral d’un cinéma qui s’épuise depuis « La vie aquatique ». Film à sketchs inégal, il s’enfonce lors du second dans un délire de soixante-huitard en velours qui ne laisse place qu’à la sidération, et ce triste constat d’un homme dépassé par son temps.
« The French Diispatch » de W. Anderson,  sortie le 27 octobre

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