Visuel Comment savoir quand on est trop vieux pour sortir ?

Comment savoir quand on est trop vieux pour sortir ?

Visuel Comment savoir quand on est trop vieux pour sortir ?
  • La Rédac'
  • publié le 2 août 2019

La pesanteur de l’âge ne semble avoir aucun effet sur toi. Voilà des années que tu danses sur les tables, que tu fais pipi dans la rue, que tu chopes n’importe qui et que tu es systématiquement le dernier à rentrer. Le hic, c’est que ce tumulte de teuf permanente t’a clairement fait perdre les pédales et que tu tiens de moins en moins bien la route. Vient vite le point de rupture où tu te bouffes un coup de vieux alors que tu sirotes une vodka-pomme, entouré d’ados qui te lorgnent bizarrement. Sont-ce les autres qui sont trop jeunes ou toi qui est trop vieux ? Voyons voir.

Je ne parle pas ici d’âge en tant que chiffre. Certains sont déjà trop vieux pour faire la fête alors qu’ils viennent de souffler leurs 13 bougies, d’autres resteront d’éternels attardés inadaptés à une quelconque vie d’adulte. On a l’âge de ses artères, paraît-il. Il est ici question du sentiment désagréable qui te titille parfois et, malheureusement, de plus en plus régulièrement, à mesure que les soirées s’accumulent. Voici ce qui prouve que tu es trop vieux pour ces conneries.

Une question d’environnement

Ce soir, la musique te paraît bien trop forte. Tu ne t’entends plus penser et vois les lèvres de la personne qui te fait face articuler des trucs incompréhensibles. Il est vrai que tu as perdu la moitié de ton audition en dix ans, à te frotter à des baffles qui crachent tout ce qu’elles peuvent mais cette fois-ci, c’est insupportable. Tu auras beau bloquer le tympan de ton auditeur avec le pousse pour qu’il t’entende (astuce de ouf, merci), tu n’as même plus la force de crier, surtout si c’est pour échanger autant de banalités.

Cette fois-ci, le club à l’air particulièrement bondé. Très peu pour toi, les bains de foule. Les années t’auront très certainement rendu agoraphobe car cette masse humaine te rend dingue. Il y a vraiment trop de monde, bien trop de corps en sueur et t’as franchement passé l’âge de jouer des coudes pour attendre 35 minutes que le barman remarque ton existence.

Il existe un indice de taille concernant la date de péremption de ta vie de teuffeur : le nombre d’années écoulées depuis tes premières teufs. C’est d’ailleurs la 178e fois que tu viens ici et le club à changé cinq fois de nom entre-temps.

Dans cet environnement, les rapports humains sont désormais plus compliqués. Si tu es un mec un peu lourd, ce n’est plus un pote qu’on appellera à la rescousse mais carrément la sécurité…

Une question de population

Sortir, c’est faire des rencontres, soit, mais depuis un moment, tu ne comprends plus le langage des gens qui t’accostent. Ton truc, ça a toujours été l’humour. Le problème, c’est que tes vannes ne font plus rire que toi car personne ne comprend tes références. Tu es bien moins intergénérationnel que tu le voudrais, coco.

En plus de ne pas capter le dialecte des djeun’s, ce qu’ils te racontent est d’un inintérêt total. Tu n’as malheureusement plus la souplesse d’esprit de le supporter. Aussi, tu utilises couramment l’expression « djeun’s », ce qui n’aide en rien.

Autour de toi, tout le monde semble tout droit sorti du brevet des collèges. C’est incroyablement frustrant. Tu vois dans leur yeux attendris par ton vécu que tu n’es plus de ce monde. 30 ans ?! Mon Dieu, quel grand âge ! Fais gaffe, un détournement de mineur est si vite arrivé.  

Tu auras beau ne pas faire ton âge, habillé comme un ado qui se respecte, dès lors que tu enlèveras ta casquette, ta calvitie précoce apparaîtra. Dans le même mouvement, la plupart des minettes que tu essayais de ramasser jusqu’alors partiront en courant. Pareil si tu es une femme et que, malencontreusement, tu révèles ton âge véritable après avoir joué aux devinettes. Oui, tu fais jeune, mais tu es terriblement vieux pour tous ces gens qui n’hésiteront pas à te juger bien trop bourré pour ton âge.

Une question de conscience de soi

Lorsqu’il s’agit de commander à boire, tu te rends vite compte que tu es l’un des seuls à pouvoir payer ta tournée sans recevoir un appel immédiat de la Banque de France. En même temps, tu es le seul qui se dit, en le faisait, qu’il pourrait mettre tout cet argent dans un repas entre potes à la maison. Enfin, il est certain que tu seras le seul à boire ton whisky sec ou ta vodka al dente.

Bizarrement, tu bois plus lentement que les autres mais tu fatigues beaucoup plus vite. Qu’on se le dise, on s’ennuie ici. Tu te demandes ce que tu fous là, noyé dans le vide intersidéral d’une débauche socialement construite, et tu repenses à ce dîner entre potes que tu aurais pu financer avec tous ces coups. Quelque part, ton cœur pleure. On est bien chez soi, quand même.

Quand la fatigue et l’ennui deviennent insurmontables, tu piques du nez sur un canap’. Le truc, c’est que ça ne fait plus rire personne à ton âge. Tes potes auront beau avoir essayé de détendre l’atmosphère, tu resteras, aux yeux de tous, le vieux qui s’est endormi comme une merdre parce qu’il ne tient plus la route. 

Tu n’as pas bu davantage qu’à l’accoutumée mais il te faudra tout de même 10 jours pour t’en remettre. Ton corps te lâche et l’aisance avec laquelle tu te faufilais jadis entre les gueules de bois te rendrait presque nostalgique.

Finalement, c’est peut-être vrai, t’es effectivement trop vieux pour toutes ces conneries.  

Article Suivant
Fermer