Pourquoi le nouvel album QALF de Damso est un immense événement ?

  • Lisa B
  • Music
  • Publié le 18 Septembre 2020 à 14h35
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Dans le milieu du rap, QALF (pour "Qui Aime Like Follow") était inévitablement « l’album le plus attendu de l’année ». Plus de trois ans ans après Lithopédion, Damso signe son retour avec un album mûr et accompli, rempli d’émotions. Zoom sur le quatrième disque de l’artiste, sorti ce jeudi 17 septembre à minuit.

« L'album le plus attendu de l'année ne sortira pas cette année. » Fin 2019, Damso lâchait cette phrase dans "God bless", le titre de Hamza sur son album Santa Sauce 2. Il n’en fallait pas plus pour foutre les boules aux fans du rappeur belge. Mais voilà, le vendredi 18 septembre est arrivé, et QALF avec. Le quatrième album de Damso est peut-être son plus accompli.


QALF
, la mise à nu de Damso   

Déjà dans ce même titre de Hamza, William Kalubi (de son vrai nom) expliquait qu’il repousserait la sortie de QALF en attendant que sa mère sorte du coma. Paix à son âme : dans "Rose Marthe’s Love", Damso fait ses adieux à sa mère. Un morceau qui raconte la dure épreuve de l’hôpital, la difficulté de voir une maman alitée, l’histoire d’un père malheureux qui tente de garder espoir jusqu’au bout, et d’amis qui n’en ont finalement pas vraiment été. Une mise à nu total de l’artiste qui file la chaire de poule dans un morceau où, finalement, l’amour prime avant tout. 

Dans "Deux toiles de mer", Damso se livre tout autant : « Silencieux, pas de confident / Pourri d'seum, j'vois mon fils rarement / Studio, tournée, père absent / Mourir jeune, pourquoi vivre longtemps ? ». Sans filtre, Damso parle de son histoire personnelle qui le lie à son fils, Lior. L’enfant prête d’ailleurs ici sa voix dans une conversation téléphonique à laquelle son père ne répond pas, trop occupé à vivre sa vie d’artiste. "Deux toiles de mer", c’est les regrets d’un père absent, mais c’est aussi la promesse d’un nouvel homme qui ne veut « pas être le même qu'hier », parce qu’il ne veut « pas faire les mêmes erreurs ».

Mais QALF, c’est aussi un manque d’homogénéité pour une meilleure multiplicité des sentiments. On s’affole sur le titre "Fais ça bien" qui nous plonge dans les rues de Kinshasa, sa ville natale. Sur le morceau, Damso invite la star congolaise Fally Ipupa à chanter dans sa langue, sur un air de rumba à la fois dansant et émouvant. Dans un autre registre, on s’affole tout autant sur "BXL ZOO", son feat avec Hamza, qui rend hommage à leur capitale. Damso nous lâche un couplet plutôt égo-trip qui déchire, sur une prod à base de gros drums et des cuts pensée par les 7 beatmakers Saint DX, Pierrari, OZ Touch, Benjay, Ponko, Paco del Rosso et Prinzly. Du sale. On s’aventure dans un morceau plus électronique avec "SENTIMENTAL", où Damso mêle sa voix à celle de l'ancienne top model Noémie Lenoir, ou dans des morceaux orientés politique avec "Cœur en miettes" et "Pour l'argent".


Un album qui en cache un autre ?

Et si QALF était en fait un double album ? c’est la question que tout le monde se pose. Dans ces 14 titres, l’opus semble en annoncer plusieurs autres. La raison évidente qui nous fait penser ça ? le titre final de l’album intitulé "INTRO", et qui pourrait ainsi bien introduire une seconde partie de QALF. Aussi, Damso avait annoncé un projet de 48 minutes. Contre toute attente, l’album n’en fait (que) 45. Les fans sont donc au moins sûrs qu’un titre bonus est à venir. Mais on préfère évidemment nous imaginer que tout un second album va bientôt tourner en boucle dans nos oreilles. Enfin, quand on se sera déjà lassé de ces 14 permiers titres, et ce n’est pas gagné !

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