Face à l’interdiction de la musique à 22h, les fêtes aux balcons reviennent

  • Lisa B
  • News
  • Publié le 28 Septembre 2020 à 16h34
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Ce matin, on vous communiquait les nouvelles restrictions de la préfecture de police pour ralentir la propagation du virus Covid-19. Parmi celles-ci, une restriction particulièrement notable et absurde : l’interdiction de diffuser de la musique sur la voie publique, ou de la musique audible sur la voie publique même depuis chez soi, de 22h à 6h. Et ce jusqu’au 11 octobre inclus.

Cette restriction a particulièrement provoqué la colère de beaucoup de Parisiens, pour qui la musique n’a aucun lien direct avec la propagation d’un quelconque virus. Si beaucoup pensent que « c'est du bon sens de réduire les nuisances sonores après 22h, rien de choquant à vouloir limiter le bruit à des moments où les riverains souhaitent se reposer », (comme le précisait un de nos lecteurs) la plupart y voient un nouveau moyen de répression sur la culture. D’ailleurs, beaucoup (nous les premiers) s’ahurissent face aux métros bondés, aux écoles ouvertes, aux grands parcs d’attraction et autres centres commerciaux qui rassemblent des milliers de personnes chaque jour.


"Face à la répression, du son au balcon !" : Ce scénario vous dit déjà quelque chose non ?

Puisque ces nouvelles restrictions ressemblent en fait à un couvre-feu dissimulé, qui imposerait de rentrer chez soi à 22h (restaurants et bars fermés, plus de musique nulle part, renfort des contrôles de police une fois la nuit tombée…), un groupe de Parisiens a lancé un événement qui réunit déjà 2,5k personnes. En peu de temps, l’événement Facebook a pris une ampleur immense, et s’inspire du modèle de la Fête aux Balcons qui mettait un peu de joie dans toute la France durant le confinement.  

« Car si ne nous nions pas l'existence de l’épidémie, et son regain depuis la rentrée, si nous ne nions pas l'importance de prendre des mesures sanitaires, nous ne pouvons accepter que la musique, la danse et la fête soient sacrifiées. Pire, qu'elles soient présentées comme la responsable de la propagation du virus... alors même que les études montrent que les espaces de propagation principaux depuis la rentrée sont le monde de l'entreprise et le milieu scolaire ! », peut-on lire sur l’événement, avant que celui-ci invite dès 22h les internautes à « faire de Paris une fête musicale géante. Chacun, depuis son balcon, balançons de la musique : avec des enceintes ou des instruments, ou même en chantant. Du jazz, de la techno, du rap ou du métal... faisons vibrer nos vies et nos âmes. ».


Le monde de la musique, toujours plus impacté par la crise

C’est l’industrie la plus impactée par cette crise, car aussi la plus laissée pour compte par le gouvernement. Qu’il soit apparenté à la fête ou non, le monde de la musique subit un vrai calvaire depuis de longs mois. Cette nouvelle restriction qui en interdit la diffusion semble encore une fois en être la preuve.

Le Cirque du Soleil s’est placé sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies et a coupé plus de 3 500 jobs, tandis que le Live Nation a dû licencier un nombre important d'employés. L’ancien Dehors Brut piloté par l’agence Surpr!ze a dû mettre la clé sous la porte suite au confinement, à l'instar de près de 300 autres clubs en France. Tous les concerts, festivals et tournées ont été repoussés à 2021 ; mais s’ils devaient encore être repoussés, beaucoup d’entre eux n’auront tout simplement jamais lieu. Il en va de même pour les ballets, les opéras, les artistes de bateau de croisière ou de rue, les régisseurs ou les fournisseurs indépendants. Au total, c’est plus de 12,000,000 de personnes qui font vivre l’art du spectacle et du divertissement, et c’en est plus des trois quarts qui redoutent chaque jour de perdre pour de bon leur travail.

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