Cannabis : vers une « légalisation encadrée » ?

@mbeo2014

Le Conseil économique, social et environnemental – organe consultatif de la société civile où siègent notamment des associations et des syndicats – a fait le constat de « l'inefficacité » des politiques françaises sur le cannabis en termes de santé publique et estime qu'il est temps de « changer de paradigme ».

C'est la première fois que cet organe consultatif se prononce de manière aussi claire sur le sujet. Le Conseil économique et social (Cese) a appelé ce mardi 24 janvier à une légalisation encadrée du cannabis en France. Cet avis fait suite à près d'un an de travaux et d'observations des politiques de répression et de sensibilisation menées autour de la consommation de cannabis dans l'Hexagone. Désormais l'objectif du Cese est d'ouvrir le débat autour de ce sujet « souvent caricaturé ».


Ras-le-bol de la répression

Auprès de franceinfo, Jean-François Naton, président d'une commission temporaire au sein du Cese, peste contre les mesures de répression mises en œuvre contre les consommateurs et parle d'une inefficacité de ce système : « Nous sommes quand même le pays d'Europe avec le système répressif le plus abouti, et avec en même temps la consommation la plus en expansion ». Avant d'ajouter : « il est temps de s'interroger sur les limites du système actuel. Nous n'incitons pas du tout à la consommation de cannabis, cela reste une drogue à combattre. Mais à partir d'un moment, il faut savoir changer de méthode quand nous sommes en échec. » 


Quelles nouvelles mesures ? 

Concrètement, des commerces légaux pourraient voir le jour, à condition d’acquérir une licence que les gérants obtiendraient en suivant une « formation obligatoire à la prévention et la réduction des risques ». La vente serait interdite aux mineurs et « toute propagande ou publicité en faveur du cannabis ainsi que toute distribution gratuite ou promotionnelle » serait interdite, sur le modèle de la loi Evin concernant le tabac. Au final, l'idée serait d'assécher le traffic illégal pour que les consommateurs se tournent vers ces commerces légaux où les risques d'intoxication et d'overdose sont limités et où la consommation est accompagnée. Évidemment, cette légalisation s'accompagnerait d'une communication supplémentaire et sans tabou autour de la consommation de substances chargées en tétrahydrocannabinol (THC). 

Fin des articles