Pourquoi claque-t-on autant de thunes quand on est bourré ?

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Toujours le même scénario : lorsque tu ouvres tes petits yeux collés après une énième nuit mouvementée, les tickets de caisse accumulés la veille te permettent de retracer ton périple. A chaque fois, c’est la stupeur : comment ai-je pu claquer autant, en aussi peu de temps, alors que je suis déjà à -3045€ et qu’on est le 6 du mois ?  Le Docteur Seth Rankin, lui, connaît les raisons scientifiques qui te poussent à racler ton codevi pour offrir des verres au premier qui passe et à te déplacer partout en VTC, ne serait-ce que pour faire 50 mètres.  

Rassure-toi, tu ne souffres pas d’un démon nocturne qui s’empare de ton avant-bras pour enfouir ta CB dans le plus de terminaux possibles, contre ta volonté. Toute cette frénésie est le fruit de l’alcool sur ton cerveau de faible. Le Docteur Seth Rankin, de la clinique des docteurs londoniens, a effectivement démontré à Cosmopolitan qu’il y a 6 facteurs qui jouent sur la dépense.

Outre le fait que sortir soit naturellement source de dépenses superflues : prix de l’entrée en boîte, prix de la piquette achetée à la va-vite pour ne pas arriver les mains vides à l’apéro, prix du taxi pour se rendre à destination, prix du paquet de clope, prix des dettes que tu as envers tes potes et j’en passe… La première raison qui nous pousse à flamber serait la perte de mémoire.

En effet, l’alcool ne joue pas seulement sur les blackouts de l’extrême qu’il est possible de vivre en lendemain de soirée. La mémoire à court terme est également impactée. En somme, cet effet se remarque quand tu ouvres, par exemple, ton portefeuille et que tu te demandes où tout ton argent à bien pu passer. Eh bien non, personne ne t’a piqué ton joli billet bleu, c’est simplement ce qu’on appelle un blackout partiel. Aussi, plus tu boiras, pire ce sera. 

Qui dit oublie partiel, dit au revoir aux petits tracas du quotidien. De la même manière que ton porte-monnaie s’allège subitement sans raison, ton découvert, les relances de la banque de France, le prix de tes vacances à Bali et le loyer exorbitant de ta boîte à chaussure dans le Marais ne semblent être que de lointaines préoccupations. Deux ou trois verres d’alcool sont connus pour atténuer le sentiment d’anxiété à court terme. Te voilà donc libéré de toute contrainte et paré à faire pleuvoir les billets. On y pensera demain, ce soir c’est la fête ! 

Déjà pas mal beurré, tu t’emmêles vite les pinceaux. Seth Rankin soulève le fait qu’un esprit imprégné d’alcool devient inapte à effectuer un calcule viable. La partie touchée s’appelle « la mémoire de travail » et c’est cette dernière qui emmagasine les informations de manière à les assimiler. Les chances de se rappeler le montant exact de tous les verres commandés est donc presque réduit à néant à mesure que la soirée avance.

La quatrième raison de ces dépenses excessives réside dans l’impulsivité provoquée par l’alcool sur l’esprit. On s’emballe très vite à vouloir payer les verres de tout le monde et le fait de pouvoir payer sans contact rend la chose encore plus instantanée. Selon Rankin, utiliser sa carte bleue laisse bien moins de chances au cerveau de générer une réponse émotive contradictoire comme, par exemple, le traumatisme associé au fait de se séparer d’un bon vieux billet. « Une transaction plus rapide laisse également moins de chances au barman de voir l’ampleur de votre état d’ébriété et de refuser de vous servir. […] Alors qu’être trop saoûl pour se souvenir de son code, signer son nom ou encore essayer de conter son argent est bien plus révélateur ».

Cette même impulsivité qui te pousse à vouloir payer ta tournée à toute personne présente dans le club s’explique également par ce qui s’appelle la désinhibition sociale liée à l’alcool. Un phénomène prouvé scientifiquement pour être le synonyme de comportements et de réponses sociales extrêmes lorsque bourré.

Le changement d’état d’une personne n’est bien malheureusement pas toujours positif. L’alcool augmente également l’agressivité de la personne qui en consomme, ce qui se traduit à moindre mesure par un besoin de dominer le groupe. Aussi, pour dominer le groupe en soirée, l’instinct veut pourvoir aux besoins de tous et donc, paye sa tournée. Qui paye les verres de tout le monde, attire l’attention et la gratitude du groupe.

Mais payer sa tournée peut également être le fruit d’une générosité exacerbée. Ce n’est un secret pour personne que l’alcool agit sur l’humeur et a tendance à rendre heureux dans l’immédiat. Comparable aux dépressifs alcooliques qui nourrissent en permanence leur dépendance, le fait d’offrir des verres aux autres amplifie le sentiment positif associé à la boisson, ce qui, inconsciemment, participe d’un bonheur à court terme. La gratitude étant message de satisfaction, ce dernier est également très bref et appel donc à réactivation.

Voilà. Maintenant que tu as compris que si tu dépenses autant, c’est parce que tu as un vrai problème avec l’alcool, reste près de tes sous et laisse tes potes te rincer.

Bisou.

 

 

 

 

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