[ITW] Max Danet : La Maskarade s’associe à Maison Close pour soutenir la scène électronique

  • Lisa B
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  • Publié le 10 Novembre 2020 à 18h46
@persephn

« Don't forget how it feels to Rave. » Comme un air de slogan qui mériterait de porter la voix haut et fort à l’heure où la scène électronique est plus que jamais aphone. Ou d’être inscrit sur notre poitrine, en guise de soutien. C’est l’idée brillante du jeune créateur Max Danet, à l’initiative de La Maskarade qu’il lançait après avoir tout juste acquis la majorité. Passionné et ambitieux, ce nouveau talent déjà bien expérimenté a décidé de mettre à contribution sa marque pour asséner un coup d’épaule à tout le secteur, inactif depuis plus de 7 mois. Et quand on a pour ami Lorenzo Lacchesi, artiste engagé, membre de Technopol et co-fondateur de Maison Close Records, la collaboration paraît tout de suite évidente.

Zoom sur Max Danet, jeune artiste et créateur de la marque La Maskarade, actuellement en collaboration avec Maison Close Records. 20% de réduction vous seront remis sur toute la collection avec le code LeBonbonNuit ici, sur Bandcamp.


Raconte-nous ton parcours 

J’ai grandi à Paris jusqu’à mes 18 ans. Après le bac, je suis parti étudier à Londres (Sciences Sociales et Politique). J’ai fait un échange à Berlin pendant une année, puis je suis retourné en Angleterre. C’est à Londres qu’a commencé le projet La Maskarade, quand j’étais encore étudiant, mais j’ai décidé de m’y consacrer à plein temps il y a un peu plus d’un an.


Comment est née la marque La Maskarade ?

J’ai créé la société et déposé le nom en août 2019, mais cela faisait plusieurs années que je réfléchissais à ce projet. J’ai toujours fait beaucoup de dessin et de graffiti. Quand je suis arrivé à Londres, j’ai commencé à faire des pièces customisées. Je dessinais sur des vestes, des tees, des hoodies etc. et je les postais sur Instagram. En 2017 je crois, (je devais avoir 300 abonnés sur le compte), je reçois au réveil un DM du rappeur Georgio qui me demande si je peux lui faire une veste. On se rencontre, on passe un super moment et par hasard il se trouve qu’il finit par porter la veste dans On N’est Pas Couché. C’est marrant de se rappeler de ça maintenant. Pour être honnête c’est vraiment là que tout a commencé. C’est la première fois que je me suis dit que ça pouvait être plus qu’un projet perso.

 


@persephn

 

"Je connais Lorenzo depuis toujours. On a grandi ensemble. Il y a toujours eu ce penchant pour la teuf, la danse, les raves..."



Dans quoi tu puises tes influences esthétiques, musicales ou plus largement culturelles ?

Esthétiquement, le graffiti et le tattoo ont été à la base du projet. C’est comme ça que je suis rentré dans le monde de la création. Le graffiti, très vite m’a donné un intérêt pour la typographie, les logos percutants etc. Le tattoo, c’est venu un peu plus tard, le côté grunge/punk, un peu plus agressif. C’est des artistes comme @Buraka par exemple qui m’ont donné envie de dessiner ; je trouvais ça incroyable.

Bien sûr, toute cette mouvance esthétique un peu plus sombre était aussi reliée à des univers musicaux. Le rap et la musique électronique sont toujours présents dans ce que je fais. Le rap c’était vraiment mon kiff un peu plus perso et ce à quoi je voulais accéder ; la musique que j’écoute tous les jours. La musique électronique (techno, house, etc), c’est l’environnement dans lequel j’ai évolué. Je connais Lorenzo depuis toujours. On a grandi ensemble. Il y a toujours eu ce penchant pour la teuf, la danse, les raves.

Aujourd’hui mes influences ont complètement évolué. Je suis moins dans cet univers-là et je m’intéresse à beaucoup de disciplines différentes : le design, la mode, la photographie. Quand j’ai commencé à faire des vêtements, je connaissais assez mal l’industrie. Du coup, je m’intéresse énormément à ce qui se fait. Je suis toujours en recherche de nouvelles techniques, de nouvelles inspirations. Je découvre encore des nouvelles choses tous les jours. 


Ton collaborateur Jakob me disait que « découvrir et apprendre différentes formes d'art » était en quelque sorte l’essence de ta marque ; « Le processus est ensuite transposé sur une large gamme de vêtements ». Peux-tu m’en dire plus sur ce processus de création ?

Ce qui est important pour moi dans la Maskarade, c’est qu’on essaie de ne pas se mettre de limites dans ce qu’on peut/veut faire. Je suis autodidacte, je n’ai jamais fait d’école d’art ou de mode. C’est parfois un peu compliqué car on se retrouve souvent mis en difficulté dans la réalisation technique. Mais d’un autre côté, c’est très stimulant car je ne m’impose aucune contrainte et je me donne les moyens d’aller au bout de chacune de mes idées. Chaque jour j’apprends de nouvelles techniques, je travaille avec des gens différents et je découvre de nouvelles choses ! On a aussi envie de présenter un offering moderne. On veut être capables de faire de l’upcycling avec des pièces uniques de qualité, et en même temps de proposer des collections complètes.

En parallèle, on s’investit énormément sur l’image de La Maskarade, que ce soit sur la photo ou sur le graphic design. Il est important pour nous de collaborer avec des gens dont on aime vraiment le travail. Pour les photographes, on a récemment travaillé avec @Omizs que j’adore et avec une photographe hyper talentueuse @persephn, qui a notamment fait les photos pour la collaboration avec Maison Close. En ce moment, on est en train de travailler sur un nouveau projet avec un designer allemand, @gebruederdotorg. Je ne peux pas en dire plus, mais ça va être super cool.

 


@persephn




La Maskarade et la musique, c'est une histoire d’amour ? Avec quels artistes as-tu collaboré ?

Yes, une histoire d’amour carrément ! Je pense qu’en général, ce sont deux mouvements qui communiquent beaucoup. Je suis nul en musique personnellement, mais j’ai toujours eu beaucoup de respect pour les musiciens. Naturellement quand j’ai commencé, j’ai voulu essayer de lier les deux. Avec le rap y’avait entre autres le côté merchandising venu des États-Unis qui me parlait beaucoup. J’ai l’impression que c’est quelque chose qu’on a moins en Europe et je trouve ça dommage.

Au-delà du côté marketing, que ce soit le rap ou la musique électronique, je trouvais que la musique était la meilleure manière de mettre les pièces La Maskarade en contexte. Si j’écoute beaucoup de rap, je suis également entouré de gens qui sont passionnés de musique électro. Je suis très proche de la club culture. Je sors pas mal, j’aime beaucoup cette univers-là. C’est indéniable qu’il y a une esthétique forte qu’on retrouve vraiment partout en ce moment.

J’ai toujours voulu collaborer avec des artistes depuis le début. J’ai fait beaucoup de pièces pour des musiciens, pour des concerts etc. Surtout des rappeurs francophone et anglais. Notre première vraie collaboration, c’était pour l’EP Tunnel vision de Slimka en avril dernier. Je lui avais déjà fait quelques pièces pour des shows, c’est comme ça qu’on s’est rencontrés. En ce moment je suis en train de travailler sur un nouveau projet avec le rappeur Ruki. Ça devrait sortir rapidement. Que ce soit Ruki ou Slimka, ce sont vraiment des collabs qui me tiennent à cœur et dont je suis super fier parce que ce sont deux artistes dont j’aime vraiment la musique. Sur la partie électro, j’ai fait une collaboration avec le label Sentaku dont je suis aussi très proche. Énorme soutien. Et enfin, Maison Close !


D’où t’est venue l’idée de collaborer avec Maison Close ? 

Lorenzo et moi on se connait depuis toujours. Je suis un grand fan de sa musique et je le soutiens à fond dans ses différents projets. On a toujours voulu faire quelque chose ensemble et quand il a monté Maison Close, on a très rapidement commencé à réfléchir à une manière de collaborer.



@persephn

 

"Ça peut paraître super cliché mais c’est indéniable qu’il existe une liberté très forte dans ce milieu de la nuit. C’est très inspirant d’être témoin de tout ça ."




De manière plus générale, qu’est-ce que t’inspire le milieu de la fête ?

Le milieu de la fête n’est pas toujours une source d’inspiration. Ou en tout cas pas la plus présente. Ce qui me plait, c’est surtout le fait que les gens s’habillent de manières différentes pour aller dans une fête que dans la vie de tous les jours. Dans la club culture, quelque soit le style de musique, il y a un truc fou avec la manière dont les gens sont habillés. Il y a un côté je vais m’habiller pour sortir et lundi quand je retournerai au taf je serai de nouveau avec des vêtements super sobres. Donc ce qui m’inspire vraiment, ce sont les gens. Ça peut paraître super cliché mais c’est indéniable qu’il existe une liberté très forte dans ce milieu de la nuit. C’est très inspirant d’être témoin de tout ça .


Avec cette collab' et le message « Don't forget how it feels to Rave », ta marque prend position pour le milieu nocturne durement impacté par la crise sanitaire. À titre personnel, comment tu vis tout ça ?

Je suis assez conscient que dans l’immédiat il est impossible que les clubs ré-ouvrent. Ça n’empêche pas que ce soit super dur. Dans un premier temps, au-delà d’être un lieu de socialisation et de rencontres, c’était pour beaucoup de gens autour de moi un métier. Je suis entouré de gens qui essayent de survivre depuis la fermeture complète de cette industrie, qui n’a reçu presque aucune aide. Peut-être même encore moins en Angleterre. Sur ce point-là c’est assez dur. C’est aussi une industrie qui est composée en grand nombre par des jeunes et c’est très dur de les voir en difficulté alors que leurs vies professionnelles ne font que commencer ! 

Plus personnellement, je dois dire que ça me manque énormément. Encore une fois, je réalise qu’on est au milieu d’une pandémie et que les clubs et raves ne sont pas une priorité. Néanmoins, pour beaucoup c’est une échappatoire essentielle. C’est aussi un lieu de socialisation et de rencontres. Pour beaucoup les sorties rythmaient un peu la semaine. Une manière comme une autre de s’échapper. Donc oui, personnellement c’est assez dur.

 


@persephn



Cette édition limitée, c'est finalement un hommage à la culture électronique ? 

Je ne sais pas si c’est un hommage à la musique électronique mais c’est clairement déjà un témoignage de soutien à tous les gens autour de moi qui ont perdu leur boulot. C’est un hommage à Lorenzo et à Maison Close parce qu’ils le méritent. Quand avec Lorenzo on a commencé à parler de la collaboration on devait juste faire un tee. C’était avant le Covid. On a finalisé les visuels pendant le début du premier lockdown et on a reçu le produit fini en août.

On parlait de la manière dont on allait les sortir et on s’est tous dit que dans le contexte actuel c’était impossible de ne pas parler de ce qui nous arrivait. On a donc décider de réimprimer la moitié des tees avec la phrase « Don't forget how it feels to Rave ». C’est une phrase simple mais qui parle vraiment à tout le monde et pas qu’au microcosme techno parisien. Ça a marché, on a reçu des commandes de partout dans le monde. C’était vraiment cool de voir que le message touchait les gens.


Vous pouvez découvrir toutes les collections sur le site de La Maskarade, et bénéficier de 20% de réduction sur Bandcamp en rentrant le code promotionnel LeBonbonNuit. 

 

 

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